La France, un pays leader de l’e-administration ?

Quel que soit le secteur d’activité, difficile de passer à côté de la vague « transformation numérique ». La population mais également les entreprises se digitalisent à grand pas. Et les administrations françaises n’y échapperont pas non plus. Le Conseil d’Analyse Economique (CAE) vient de publier un rapport sur l’administration numérique. Résultat ?

L’État s’est modernisé au fil des années. Le paiement des impôts en ligne, devenu la norme pour des millions de Français, en est l’un des exemples marquants. Les collectivités digitalisent leurs échanges avec les citoyens mais également leurs partenaires (flux comptables, marchés dématérialisés, contrôle de légalité). En 2014, la France occupait le 1er rang européen et 4ème rang mondial selon l’indice de développement de l’e-administration de l’ONU. Cet indicateur repose sur trois points : l’offre d’administration en ligne, les infrastructures numériques et le capital humain. « L’État des lieux ne saurait se résumer à celui de l’offre des services dématérialisés ; il faut aussi y intégrer les usages de l’administration en ligne sans lesquels cette offre reste sans effet », estime le CAE. Peut-on alors  considérer l’Hexagone comme un pays leader dans ce domaine ?

Dématérialiser pour plus d’efficacité

Le CAE rappelle qu’en septembre 2016, seuls 4500 contribuables avaient déclaré leurs impôts en ligne en 2000. Ils étaient 40% en 2015. « Les technologies numériques permettent d’augmenter les volumes d’opérations (accélération du traitement des dossiers, réduction du nombre d’erreurs). La dématérialisation permet de supprimer des opérations : plus de papier, plus de saisie, plus de manutention, plus de transmission physique d’un service à l’autre, coûteuse en temps et en main d’œuvre », peut-on lire dans le rapport.

Si la France est dans le peloton de tête au niveau de l’offre d’administration en ligne, les résultats sont plus mitigés lorsqu’il s’agit de mesurer le pourcentage de particuliers interagissant avec cette administration numérique.

Un décalage entre l’offre et les usages

L’indicateur relatif à l’économie et à la société numérique (Digital Economy and Society Index, DESI), tient compte des usages de l’administration en ligne, tant par les particuliers que par les entreprises. La France se classe au 17ème rang européen. Les résultats montrent pourtant qu’un décalage existe entre l’offre et l’usage de l’administration numérique. Par exemple, 61% des particuliers ont utilisé Internet en 2015 pour des contacts avec l’administration. Mais ils ne sont plus que 42% des particuliers à avoir transmis de façon dématérialisée des formulaires complétés.

Le développement numérique de l’Etat et de l’administration en France est tout de même jugé avancé par 59% des Français d’après une étude Ipsos réalisée pour Sopra Steria (Baromètre Digital Gouv’ 2015). « Cette perception encourageante est partagée de manière homogène par l’ensemble des Français, quel que soit leur âge ou leur niveau de diplôme », a indiqué le spécialiste de la transformation numérique. Cependant, des disparités importantes existent selon les secteurs : 84% des Français estiment que le développement du numérique est avancé dans le domaine de la fiscalité, 60% dans le domaine de la sécurité sociale. A l’inverse, seuls 30% pensent que le secteur de la justice et de la police a développé ses services numériques de manière notable.

La digitalisation des administrations : une véritable attente de la part des Français

D’après le Baromètre Digital Gouv’, les trois quarts des Français estiment qu’il est prioritaire que l’État utilise de plus en plus Internet et la technologie dans ses relations avec les administrés. Pour 23% d’entre eux, c’est même tout à fait prioritaire.  « Le développement accéléré des services numériques de l’État n’est pas une option mais une nécessité absolue. Les Français l’attendent, ont besoin de fluidité et de simplicité et de plus d’efficacité et sont largement prêts à jouer le jeu pour peu que l’État mette en place les solutions numériques nécessaires. Ce dernier a par ailleurs montré dans plusieurs domaines qu’il en était parfaitement capable, ce que les Français reconnaissent largement », a déclaré Brice Teinturier, Directeur général délégué d’Ipsos France lors de la présentation du Baromètre.

 

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